C'est
d'une superficie de 2.750 mètres carrés que les architectes
pouvaient disposer pour établir les plans de la nouvelle église.
L'archevêché fournit les fonds nécessaires pour l'achat des terrains complémentairs. Un comité de l'Oeuvre
est constitué. C'est essentiellement grace à l'action persévérente
de Mgr Gaston, Curé de Saint-Pierre, qu'est due cette réalisation
d'une importance exceptionnelle qui fut menée à bien dans
un délai rapide. A la fin de 1927, le projet établi par
l'architecte Bois est adopté et la première première
pierre posée sous la présidence de Mgr Dubois. Les travaux
ne commencèrent effectivement qu'en 1932. Ils devaient nécessairement
être réalisés en deux étapes afin d'assurer
la continuité de la vie paroissiale. Après la démolition
du choeur de l'ancienne église, c'est la partie sur l'Avenue Marceau,
comprenant le porche, le clocher et la nef qui devait constituer la première
étape. Le 5 janvier 1935, on inaugurait l'église basse, puis le 1er juin de la même année l'église haute, c'est-à-dire la nef de la nouvelle église, le choeur ne pouvant être construit qu'après la démolition de l'ancienne église. En étroite collaboration avec le maître d'oeuvre, l'architecte Emile Bois, Maître Henri Bouchard réalise la sculture de la façade, ensemble monumental, un des plus vastes de notre époque. En 1937, la seconde étape de la construction est assez avancée pour que puisse être entreprise la décoration de la croisée. Cette oeuvre considérable est confiée à Maître Untersteller qui réalise la fresque dont le décor en camaïeux brun et or est mais d'une grande force par la stylisation des figures. Les verrières ont été conçues et réalisées par les frères Mauméjan. Leurs puissantes tonalités dispensent une lumière tamisée qui contribue à l'atmosphère recueillie souhaitée par le maître d'oeuvre. Le 18 mai 1938, l'église fut inaugurée par le Cardinal Verdier qui avait suivi avec un grand intérêt la réalisation de ce " Chantier du Cardinal ". Il faut toutefois noter que bien qu'incluse dans ce vaste programme, la construction de la nouvelle église a été entièrement financée par la générosité des paroissiens de Chaillot, élan admirable qui a renouvelé ceux du temps des bâtisseurs de cathédrales... Mgr Roncalli , Nonce Apostolique, résida plusieurs années à Chaillot. Le 11 juin 1946, le futur Jean XXIII sacra Mgr Pacini Evêque de Germia dans la nouvelle église. Ce prélat fut ensuite Nonce à Haïti et à St-Domingue. Article paru dans : L'Architecture des années 30 Emile BOIS: architecte Bernard LISSALDE: collaborateur Avenue Marceau - rue de Chaillot, Paris 16° 1931 - 1938 Le
projet d'Emile Bois pour l'église de Saint-Pierre de Chaillot fut
retenu à la suite d'un concours en 1926. Les travaux commencèrent
en juillet 1931. En 1935, faute de crédits, ne sont réalisées
que la façade de l'avenue, l'église basse et la première
des cinq coupoles. Pourtant, en moins de trois ans, Mgr Jean Gaston menait
alors les travaux à leur terme. L'inauguration présidée
par le Cardinal Verdier, eut lieu finalement le 18 mai 1938. C'est l'un
des plus vastes édifices religieux érigés à
Paris depuis plus d'un demi-siècle : les dimensions du dôme
central sont en effet supérieures à celles du dôme
du Sacré-Coeur.
L'église
Saint-Pierre de Chaillot,
dont la façade principale se trouve sur l'avenue Marceau, est en
fait composée de trois parties.La première est une tour
de soixante deux mètres quarante de hauteur qui domine l'ensemble.
La deuxième partie est invisible car il s'agit d'une église
basse, construite, telle une crypte, sous l'église principale qui
forme la troisième partie. La tour relie les deux églises au clocher. Sa façade sur l'avenue poursuit celle de l'église : on ne lit aucun décrochement et la pierre de Saint-Maximin est la même. Plus loin, le porche s'ouvre dans un fronton en saillie sur le nu du mur : trois arcs en plein cintre portés par deux énormes colonnes marquent l'entrée de l'église. La grande décoration du tympan est l'oeuvre du sculpteur Henry Bouchard : il y raconte la vie de Saint Pierre. Seule une rangée de petites fenêtres encadrées par deux loggias interrompt un impertubable appareil de pierres. L'église basse est construite sur un plan en forme de croix grecque. De lourds pilliers soutiennent une voûte formée de deux plans inclinés de béton, tels les versants d'une toiture, à l'exception de la partie centrale horizontale. Un autel y est dédié aux morts de la Grande Guerre. D'une superficie de huit cent vingt mètres carrés, l'ensemble, sépucral, évoque les catacombes. L'église
haute reprend, à une autre échelle, puique la surface en
est de mille neuf cent soixante mètres carrés, le plan en
croix grecque. Autour de la coupole de quarante six mètres de hauteur,
quatres coupoles plus petites sont élévées à
vingt-cinq mètres. Toutes sont établies sur des plans octogonaux.
Le sculpteur Henry Bouchard, comme en écho aux sculptures du tympan,
a enrichi de bas-reliefs le rétable, la chaire (aujourd'hui démontée),
les ambons et le Chemin de Croix, et de hautes statues dorées,
les autels de la Vierge et du Sacré-Coeur. Les fresques des retombées
du dôme central sont de Untersteller.C'est un ensemble faisant appel à de nombreuses références architecturales et religieuses. L'extérieur présente l'aspect fortifié et presque militaire des couvents du Moyen Age, traduisant plutôt une curieuse inspiration romane et byzantine à la fois. La modernité confère à ces influences une expression nouvelle. Références : L'Architecture des années 30 |
Chaillot Aujourd'hui
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A cheval sur le
8° et le 16° arrondissement, le territoire de la paroisse Saint
Pierre de Chaillot forment un triangle dont les sommets sont le palais
de Chaillot, l'Arc de Triomphe et le Grand Palais.
Sa
base s'étire le long de la Seine, du pont d'Iéna au
pont Alexandre III. L'avenue des Champs-Elyséeset l'avenue Kléber
forment les deux autres côtés.
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