"Le CHEMIN DE CROIX DES CHAMPS-ELYSEES"

 

Questions à…

Isabelle de Gaulmyn

Qui êtes-vous et quel a été jusqu’à présent votre parcours?

Journaliste, mais aussi mère de famille, et catholique, les trois, dans l’ordre et le désordre?! Professionnellement, j’ai toujours été journaliste, après des études à Science po. J’ai débuté dans la presse économique, avec Les Échos, puis La Tribune. En 1997, j’ai intégré la rédaction de La Croix, à l’époque sur les sujets de politique. À La Croix, j’ai pu évoluer vers le service des informations religieuses, et surtout partir, comme correspondante permanente du journal à Rome, durant quatre années, de 2005 à 2009, pour suivre les débuts du pontificat de Benoît?XVI. C’est un pape qui m’a marqué?: à lire ses textes, homélies, discours, ce qui était mon travail quotidien, j’ai beaucoup appris car il est toujours très clair et profond. Je dirais qu’il fut mon «?maître?» en théologie. Je suis désormais à la rédaction en chef de La Croix.
Sinon, après une enfance à Lyon, je suis parisienne, avec ma famille, dans un quartier assez populaire du nord de la capitale. C’est un lieu important pour mon mari et moi, où nous avons des engagements, un quartier où il y a beaucoup de solidarité et de générosité, et qui nous permet de nous ressourcer par rapport à une vie professionnelle qui risque toujours d’être trop prenante.

Pouvez-vous nous parler de vos activités à la Rédaction en chef de La Croix?

Nous sommes une petite équipe à la rédaction en chef, et, sous la responsabilité du directeur de la rédaction, Guillaume Goubert, nous assurons le suivi du journal, aussi bien sous sa forme papier, que sur le site. La rédaction comporte une centaine de journalistes, qu’il faut donc coordonner, animer et manager. L’enjeu est de faire un journal qui parle de tous les sujets, économiques, internationaux, politiques, culturels, mais en gardant un regard chrétien, et en étant résolument ancré dans l’Église catholique. Nous ne voulons pas non plus nous substituer au lecteur, lui dire ce qu’il doit penser, mais lui donner tous les éléments pour qu’il construise son opinion. Je suis aussi assez souvent sollicitée dans des médias généralistes, pour expliquer et décrypter l’actualité religieuse. J’assure notamment une chronique en ce sens sur France Inter, tous les samedis matin.
Par ailleurs, j’ai écrit trois ouvrages, l’un sur le pape Benoît?XVI et l’autre sur le pape François. Mon dernier livre est plus personnel, autour des affaires de pédophilie à Lyon, car je suis une ancienne scoute de la troupe du prêtre accusé d’avoir agressé de nombreux enfants. Ce fut une expérience douloureuse de découvrir brutalement «?la face cachée?» de ces années d’enfance, et j’ai voulu comprendre, à travers le témoignage des victimes, de leurs familles, et des prêtres, comment la communauté catholique, dont je fais partie, a pu si longtemps se taire (1).

(1) « Benoît XVI, pape incompris » chez Bayard, « François un pape pour tous » au Seuil, et « Histoire d’un silence », au Seuil.