"Le CHEMIN DE CROIX DES CHAMPS-ELYSEES"

 

Trois questions à…

Sœur Cécile Renouard

Sœur Cécile est religieuse de l’Assomption depuis 24 ans et responsable de la communauté de la rue de Lubeck. La Congrégation fondée en 1839 compte aujourd’hui environ 1200 sœurs réparties dans 32 pays. Sœur Cécile assure cette année la méditation du chemin de croix des Champs Elysées. Elle a choisi pour thème : « la Création gémit en travail d’enfantement » (Rm 8,22).

Fille de diplomates, diplômée de l’ESSEC, sœur Cécile a eu le déclic de sa vocation à l’occasion d’une expérience fondatrice dans un bidonville argentin lors d’un voyage de six mois autour du monde, en 1991. Elle y a découvert les sœurs de l’Assomption engagées dans la transformation de la société par l’éducation.

Devenue religieuse, sœur Cécile poursuit son parcours universitaire avec une formation théologique au Centre Sèvres, et un doctorat en philosophie politique sur le développement durable dans les pays du Sud. Parallèlement elle enseigne la philosophie, d’abord à Bordeaux puis à Lubeck et aujourd’hui au Centre Sèvres ; elle donne un cours à l’Ecole des Mines sur l’éthique des multinationales et anime un programme de recherche à l’ESSEC sur les enjeux sociétaux et politiques liés à l’activité des entreprises multinationales. Ces activités ont aussi conduit sœur Cécile à être appelée dans diverses organisations chrétiennes ou non confessionnelles mobilisées par les questions d’éthique et de développement : elle participe au conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot, au conseil d’administration de l’Agence française de développement, à Justice et Paix.

Pouvez-vous développer le thème du chemin de croix ?
« Le Christ passe de la mort à la vie par la croix et, Ressuscité, Il attire à lui toute l’humanité et toute la création. C’est un message d’espérance inouï pour notre humanité plongée dans la violence. L’appel à une confiance radicale en Celui qui nous dit que la mort n’a pas le dernier mot, que l’amour donné en abondance crée de nouveaux liens entre Dieu et nous et aussi entre nous. La notion d’écologie humaine que Benoît XVI développait dans l’encyclique « Caritas in Veritate » invite à prendre soin des relations interpersonnelles et sociales. Cela nous appelle à un discernement personnel et collectif à l’égard de nos modes de vie et des institutions dont nous héritons et qui structurent notre vie quotidienne. Nous avons des responsabilités collectives à assumer pour mieux vivre ensemble et transmettre un patrimoine viable aux générations futures. A nous tous de décliner les chemins du « bien-vivre ». C’est le message joyeux de l’Evangile ! ».